A Sainte-Gemmes

A Sainte-Gemmes

Près des berges de Sainte-Gemmes,

Dans le scintillement des lames,

Au gré des flots, j’ai vu passer

De grands bois vêtus d’herbe noire,

De ces radeaux frêles, ô Loire,

Que tes vagues savent tresser.

 

Je leur ai dit d’aller à Nantes,

Au vieux pays où les amantes

Portent de larges corsets d’or ;

De saluer pour moi la ville

Où, sur les rives de chaque île,

Un peuple de vaisseaux s’endort.

 

Le château flanqué de tourelles,

Les clochers, remplis de bruits d’ailes,

Les grands balcons de fer forgé,

S’ils se penchent sur la rivière,

– O confidents de ma prière,

Vous regarderont voyager.

 

Ils m’ont tous oublié sans doute.

Voilà longtemps que sur la route

Ils voient d’autres pas que les miens.

Moi qui tiens chère leur mémoire,

Vieux rameaux vêtus d’herbe noire,

Dites-leur que je me souviens.

27 février 1886.

Charles BOURGAULT-DUCOUDRAY.


  • Publié dans La Revue Illustrée de Bretagne et d’Anjou,  15 avril 1886. [Numérisé par Gallica]

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