Catégorie : Vie quotidienne

Règlement de la corporation des bouchers d’Angers (1587)

Complément à l’article paru ici

Règlement de la corporation des bouchers d’Angers

Le règlement, qui fut en vigueur parmi la corporation des bouchers d’Angers jusqu’à la révolution, avait été arrêté au XVIè siècle et confirmé par lettres patentes du roi Henri III, en date du mois de février 1587.

Voici ce règlement :

ART. 1.

Nul ne sera reçu maître s’il n’est fils de maître, et n’a servi comme apprenti et obligé pendant trois ans, et acheté, vendu, habillé et débité chair pendant trois autres années.

ART. 2.

Que les fils de maître ne feront point chef-d’oeuvre pourvu qu’ils aient travaillé trois ou quatre ans chez leurs parents.

ART. 3.

Que la communauté aura quatre jurés élus deux à deux et de deux en deux ans.

ART. 4.

Que nul ne sera reçu, s’il n’est de bonnes mœurs.

ART. 5.

Qu’un serviteur ne pourra quitter son maître, ni un autre maître le recevoir sans congé ni certificat, sous peine d’un demi-écu d’amende pour le serviteur et de deux écus pour le maître.

ART. 6.

Que celui qui aspirera à la maîtrise habillera en présence des jurés et maîtres un bœuf, un mouton, un veau et un porc.

ART. 7.

Que nul ne fera état de maître boucher, s’il n’a été reçu et s’il n’a fait le serment.

ART. 8.

Qu’aucun boucher ne tuera porc nourri ès-maison d’huiliers, maréchaux-ferrants, barbiers, maladreries, à peine de dix écus d’amende.

ART. 9.

Qu’aucun n’exposera en vente chair qui ait le fy (1), sous peine de dix écus d’amende.

ART. 10.

Que les jurés visiteront les bêtes destinées ès-boucheries, et veilleront à ce que la chair en soit vénale sous peine d’amende.

ART. 11.

Que s’il demeure des chairs du jeudi au samedi depuis Pâques jusqu’à la Saint-Rémi, elles ne pourront être exposées en vente sans avoir été visitées par les bouchers à peine d’amende.

ART. 12.

Que ceux qui sont alors bouchers continueront sans être obligés à expérience et chef-d’oeuvre.

ART. 13.

Que les veuves jouiront de l’état de leur mari, et qu’elles n’en perdront les privilèges qu’en épousant dans un autre état.

ART. 14.

Que les enfants pourront succéder à leur père sans expérience, ni chef-d’oeuvre pourvu qu’ils aient servi sous lui pendant trois ans.

ART. 15.

Que les enfants de maître ne pourront aspirer à la maîtrise avant 16 ans.

(I) Fy : maladie qui vient aux bœufs.

Aymé de Soland, Histoire des Corporations d’Angers, Les Maîtres Bouchers, in Bulletin Monumental de L’Anjou, 1860.