La légende de Notre-Dame-des-Gardes

Chaque sanctuaire a sa légende.

[…]

La légende de Notre-Dame-des-Gardes se présente mélangée de circonstances dont toutes n’ont pas le même degré de clarté et de certitude incontestée.

Un long examen, des réflexions consciencieuses, l’avis de plusieurs personnes graves, consultées à cette occasion, nous permettent d’exposer dans son entière simplicité, ce qui paraît le plus probable.

Nous donnerons d’abord cette légende telles que les petits enfants des alentours l’entendent de la bouche de leur père ou de leur père, quand les tenant sur leurs genoux, ils leur font répéter : « NOTRE-DAME-DES-GARDES, PRIEZ POUR NOUS » ; telle aussi qu’ils l’avaient apprise eux-mêmes de leurs aïeux ; telle enfin qu’elle s’est transmise d’âge en âge dans la contrée : nous ferons ensuite nos observations particulières.

Sur le versant nord du coteau des Gardes, se voit une ferme d’une construction très ancienne, appelée la ferme de la Garde. Ses vieilles murailles abritent depuis plusieurs siècles une respectable famille, dont les aïeux sont connus à une époque très reculée. Des papiers de famille échappés aux désastres de la Révolution nous fournissent sur ce sujet d’utiles et intéressants documents. Selon toute apparence, l’un de leurs ancêtres était fermier de la Garde, quand une bergère y fit une précieuse découverte.

La colline des Gardes était, nous l’avons dit, couverte de broussailles et de landes où l’on menait paître les troupeaux. Cette bergère observait avec surprise un de ses bœufs, habituellement couché devant un buisson et léchant une grosse pierre. Ce bœuf ne paissait point et cependant il était plus gras que les autres. Piquée d’une curiosité bien naturelle, elle s’approche, écarte la pierre et aperçoit derrière, au fond du buisson, une statue de la Vierge Marie. Ravie de joie, notre bergère la prend et la dépose, sans rien dire, dans le petit meuble où elle avait ses vêtements.
Le lendemain matin, le bœuf retournait à son ordinaire devant son buisson. La bergère de son côté s’y rend, et grande est sa surprise quand elle revoit la statue au même endroit d’où elle l’avait enlevée la veille. A demi effrayée, elle raconte à la ferme ce qui vient de lui arriver. Le maître de la Garde, en chrétien sage et prudent, se rend aussitôt à Saint-Georges-du-Puy-de-la-garde, sa paroisse, prévenir son curé. Celui-ci vient en hâte et croit de son devoir de transporter à son église de Saint-Georges la nouvelle madone ; ce qu’il fit sur l’heure.

Mais les desseins de la Reine du ciel étaient bien différents de ceux de son serviteur ; le jour suivant le bœuf reprit sa place accoutumée devant la statue retournée à son buisson chérie. M. le curé de Saint-Georges averti, voulut faire une seconde et une troisième épreuve en reportant deux autres fois, dans son église, la statue miraculeuse. Soin inutile, la statue revenait toujours au lieu qu’elle avait elle-même choisi, pour y être désormais honorée.

Personne n’osa plus, dès lors, porter sur elle une main indiscrète. Une partie du buisson fut arrachée et l’on construisit un petit oratoire sous lequel on installa la sainte image. Tel est le récit légendaire.

Histoire du sanctuaire et de la communauté de Notre-Dame-des-Gardes, R.P. Marie-Théophile, Religieux de la Trappe de Bellefontaine, 1875.


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