Tremblement de terre, 25 mars 1588, Angers

« Le 25e jour de mars 1588, dit le moine Roger dans son Histoire d’Anjou, il se fit à Angers un horrible tremblement de terre sur les dix heures du matin ; quelques-uns furent si épouvantés qu’ils pensèrent en mourir de peur. Cela pouvoit être un présage du combat de Vimory et de la bataille d’Anneau, où le duc de Guise se vengea sur les huguenots et les reîtres qui étoient venus à leur secours, de la disgrâce que les catholiques avoient soufferte à Coutras.

« Pendant la nuit, ajoute Mezeray, il y eut un tremblement de terre depuis Nantes jusqu’à Saumur, qui fit branler les maisons et bouillir la rivière de Loire. Pareille chose arriva en quelques contrées de la Normandie avec une certaine fumée, que une heure durant teignit l’air de couleur jaunâtre. »

« Par écrit, nous notons ici pour le présent et pour l’avenir que cette année le jour de l’Annonciation de la sainte Vierge, pendant que la grande messe se chantait dans les églises, tout à coup il se fit un tremblement de terre si violent que toutes les fondations et les murailles s’ébranlèrent et très-fort par l’impétuosité de vents enfermés et s’agitant dans les entrailles de la terre pour chercher une issue.

« Grande terreur et grande épouvante se répandit partout dans les foules des fidèles rassemblés dans les églises. A cette cause fut faite une procession générale le même jour jusqu’au Ronceray, au delà des ponts. Dans laquelle procession, quelles multitudes d’hommes s’y pressèrent pour rendre du fond du coeur des grâces immortelles à Jésus-Christ, notre protecteur, la langue humaine peut à peine exprimer. » (Registre capitulaire de Saint-Laud.)

« Le vendredy vingt-cinquième du mois de mars 1588, feste de Notre-Dame, ung peu auparavant dix heures de la matinée, lequel jour il faisoit un beau temps accompagné de la clarté du soleil, lequel estoit fort beau et ne faisoit aulcun vent durant qu’on célébroit la sainte messe, et que le peuple estoit aulx grandes messes audicts Angers, il fit un tremblement de terre qui estoit et fut si grand qu’on pensoit que tout alloit tomber et abismer, et que les églises alloient cheoir par terre, qui rendit une si grande espouvante qu peuple qui estoit ès-églises, qu’on s’entretouffoit à qui sortiroit des premiers à raison du tremblement des vitres et voûtes des dites églises, mêmes que les prêtres qui estoient à célébrer la messe aulx autels, prenoient la fuite de la peur qu’ils eurent à raison du tremblement des voûtes des dites églises, desquelles il tomboit de la chaux, que d’un grand bourdonnement qui se faisoit au ciel ; lequel tremblement étoit un avertissement de la part de Dieu de s’amender et une augure de beaucoup de maulx qui sont depuis arrivés. » (Journal ou récit véritable de tout ce qui est advenu digne de mémoire, depuis l’an 1560 jusqu’à l’an 1674, par Jean Louvet, clerc au greffe civil du siège présidial dudit Angers. Manuscrit de la bibliothèque de la ville d’Angers.)

« Le 25 mars 1588, jour de l’Annonciation, un tremblement de terre se fit sentir à six heures du matin. Il sépara le mur de l’église d’Érigné du côté du nord ; plusieurs maisons proche l’église eurent beaucoup à souffrir du tremblement de terre ; les habitants de la paroisse furent consternés et crurent que la fin du monde était arrivée. » (Registres de la fabrique d’Érigné, déposés à la mairie de Mûrs.)

Aimé de Soland, Mélanges d’histoires naturelles, 1867. (GallicaBnF)


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