Les Abbesses du Perray

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Notices historiques, extraits et copies de documents (archives, cartulaires, nécrologes, etc…)


Les six dames du Perray qui furent transférées au prieuré de Sainte Catherine d’Angers quitterent l’abbaye parce qu’elles ne vouloient pas la closture qu’on y établi alors. Leur directeur leur insinua qu’elles ne pourroient se laver de cette tache qu’en embrassant une reforme. Ce qu’elles executerent en 1637 le 13 octobre.


Cet reforme se fit sous dame Catherine de Vassé alors abbesse du Perray.

Abbesses du Perray

1364 … Marguerite

1400 … Petronille

1417 … Marguerite

1422… Pétronille

1438 … Marie Simone Hamon Religieusee de Menée

1470 … Thomine

1489 … Jeanne Honorée de Vatmere

1504 .. Jean PANNETIER ou PAUMELIER

1508 … Marguerite VEILLON prit possession

1549 … Marie de FESCHAL

1565 … Franç. de COESNON

1581 … Michele BABIN

…. … Marie de GENNES

1591 … Louise de Gennes Religieuse du Roncevay nommée Abbesse par le pape Clement et sur la résignation de Marie de GENNES sa soeur

1612 … Catherine de VASSÉ

1651 … Marie de COURTAVEL de Saint Michel de Pezé

1683 … Marie de LAMBERT Religieuse du monastère de Charone, Congragation Saint Augustin, diocèse de Paris

1501 (pour 1701?) … Jacquine Louise de QUATREBARBES de la RONGERE, Religieuse du prieusré de Sainte Catherine d’Angers.

1727 … Prudence Hélène DES CARTES Religieuse de l’Abbaye de La Joye de Hennebon en Bretagne, fut nommée Abbesse sur la démission de la Dame de La Rongère. (Regnat nunc 16 nov 1739).


Notes

Voir aussi la signature de Catherine de VASSÉ  ici

Célestin Port écrit :

PERRAY (Le), Ecouflant. Alias Le Perray-aux-Nonnains, château, ancienne abbaye. […] Anc. abbaye, sous le vocable de Notre Dame. Robert de Sablé, seigneur de Briolay, s’attribue le titre de fondateur et de patron, en la gratifiant de domaines et de droits importants dans les paroisses d’Ecouflant, de Briolay et de St-Silvin, par une charte que le copiste date de 1120 mais que tous les synchronismes reportent aux années 1189 ou 1190. La fondation primitive était sans doute alors de date récente. Il est acquis par ailleurs qu’elle se trouvait soumise à la règle de St-Benoît, et une bulle de 1246 la déclare formellement dans la dépendance de l’abbaye de Bellefontaine-en-Mauges. Mais dès 1228, le désordre y apparaît complet et le pape Grégoire IX charge l’évêque du Mans d’y porter remède. La bulle de 1246 constate que depuis cinq ans la maison n’a plus d’abbé et qu’elle reste écrasée de dettes et habitée misérablement par trois moines. A la prière de la comtesse de La Flèche et de la vicomtesse de Beaumont, le pape Innocent donna mandat à l’évêque d’Angers de remplacer les Bénédictins indignes par les religieuses cisterciennes. Elles y furent établies dès le mois de janvier 1247, sous la règle de Bonlieu et le patronage de l’abbé du Louroux.

Il n’est presque plus parlé jusqu’au XVIIè s. de cette abbaye obscure qu’étouffe sans doute le voisinage trop proche de l’opulent et noble Ronceray d’Angers. Son domaine, en dehors des « cloîtres, hébergements, jardins, vergers, cours et circuit », comprenait un étang avec moulin sur la chaussée, des bois, des landes et 15 ou 16 closeries, un petit fief en Vauchrétien, un autre en Corzé, en tout a à 5 000 livres de revenu. L’abbesse avait droit de passage gratuit pour tous ses officiers et serviteurs sur tous les bacs de Briolay et y prélevait le dixième du revenu du four banal et de la recette sur les bateaux montant avec sel et vin sur la Sarthe et sur le Loir. Tous les pêcheurs et voituriers par eau des paroisses de St-Silvin et d’Ecouflant étaient tenus de venir tirer la quintaine, le jour de la St-Jean, à Ecouflant, vis-à-vis le village du Noyer, ou de courir la pelotte dans le bourg, sous les ordres du procureur de l’abbaye, que les femmes devaient gratifier de leur chapeau de rose, d’un baiser et d’une chanson.

La vie régulière y était d’ailleurs depuis longtemps absolument relâchée.

Quand l’abbesse de Vassé essaya de rétablir la clôture, une partie des religieuses quitta la maison. Sept des fugitives, ramenées à raison par leur directeur, acceptèrent la réforme et formèrent à Angers le prieuré de Ste-Catherine (13 octobre 1637). L’abbaye, bien que garantie par des lettres de sauvegarde du roi et de Mazarin, fut pillée sans merci le 21 février 1652, par les troupes royales. En 1687, il y résidait 12 religieuses, menant une vie étrange et toute mondaine, en guerre déclarée avec leur abbesse, qui les traitait de diablesses et qui, soutenue par l’évêque, fut condamnée pourtant par la décision des visiteurs (1691).

Le chartrier de l’abbaye, conservé aux Archives de M.-et-L., comprend un petit cartulaire d’une quinzaine de titres originaux et une cinquantaine de volumes ou liasses de contrat sans intérêt historique, où il est difficile de glaner quelques noms. Voici pourtant une liste, un peu plus complète qu’elle n’est donnée ailleurs, des abbés et des abbesses.

Abbés Bénédictins : Mathieu, 1190 circa 1200 ; Jean, 1200 circa-1208.

Abbesses Cisterciennes : Alix, 1277, 1309 ; Jeanne, 1314 ; Marguerite, 1364 ; Jeanne II, 1387, 1390 ; Pétronille, 1400 ; Jamette, 1408 ; Perronnelle, 1410, 1412 ; Marguerite, 1417 ; Perronnelle ou Pétronille II, 1422, † vers 1438 ; Marie-Simonne Hamon, novembre 1438,   † vers octobre 1464 ; Antonine ou Thomine, octobre 1464, 1470 ; Jeanne-Honorée de Valtemère, février 1472 n.s.,  † le 5 décembre 1504 ; Jeanne Pannetier, décembre 1504 ; Marguerite Veillon, installée le 8 octobre 1508, 1537. Son sceau, appendu à un acte de 1527 (G 1006, f° 79), la représente debout, et celui de l’abbaye porte une Notre-Dame avec son enfant sur les bras ; Renée Liboreau, avril 1542, qui résigne en 1549, Marie de Feschal, par bulles du 16 mai 1549, installée le 7 août,  † le 6 août 1564 ; Françoise de Coisnon, 1565, † le 7 août, d’après son épitaphe, ou suivant d’autres documents, le 6 octobre 1576, Michelle Babou de la Bourdaisière, 1580, † le 31 mai 1584 ; Suzanne Le Masson, ou de Marzon, approuvée en sa charge le 14 juillet 1584 par l’abbé de Citeaux, mais qui dut se retirer devant l’opposition du pape et du roi ; Marie de Gennes, installée le 15 mars 1585, qui résigne au profit de sa soeur en 1591, quoiqu’elle prenne encore le titre en mai et juin 1592, † 26 février 1610 ; Louise de Gennes, religieuse du Ronceray, nommée par bulles du 5 février 1591, résigne en 1614, † le 4 mai 1627 ; Catherine Grongnet de Vassé, religieurse de St-Amand de Rouen, coadjutrice de la précédente le 26 novembre 1642, lui succède et est installée le 8 février 1614, † le 2 août 1651 ; Marie de Courtavel de Pezé, religieurse de St-Amand de Rouen, nommée par le roi, le 20 août 1651, à l’âge de 28 ans, installée le 18 janvier 1652, † le 22 février 1681 ; Marie de Lambert, v. Ce nom, religieuse de Charonne près de Paris, nommée le 21 mai 1681, et non 1680, † le 29 octobre 1701 ; Jacqueline de Quatrebarbes de la Rongère, religieuse de Ste-Catherine d’Angers, 1701, résigne en 1726, sous la réserve d’une pension de 400 l., et meurt le 25 mai 1728 ; Prudence-Hélène des Cartes, religieuse de la Joye de Hennebon, 1727, 1763 : Marie-Thérèse-Andrée de Gourcy de Charay, 1770, 1790.

Quand les officiers municipaux de St-Sylvin se présentèrent le 17 juin 1790 pour prendre possession et dresser inventaire, l’abbesse déclara être originaire de Turin, ignorer son âge, avoir fait profession à Paris en l’Abbaye-aux-Bois, sans se souvenir en quelle année, et n’avoir pas encore pris de résolution. La communauté comprenait huit religieuses professes, une converse et deux sœurs données, qui toutes manifestèrent leur désir de se retirer ailleurs, en qualité de pensionnaires. Trois mois après, la maison était vide. Elle tombait d’ailleurs en partie en ruine. L’église elle-même ne paraît avoir contenu ni tableaux ni statues, à peine quelques vases d’argent. Au-devant de l’autel se conservaient les tombes des abbesses FR. de Coisnon, Louise de Gennes et Marie de Feschal, avec leurs figures gravées sur la dalle, et leurs armoiries aux quatre coins, que Bruneau de Tartifume reproduit. A droite de la porte d’entrée, dans un petit oratoire, figurait une bibliothèque d’environ 400 volumes de piété ; dans un des parloirs de l’abbesse, les archives, comprenant 42 registres et 6 cases de liasses.

La maison conventuelle, les cours, les jardins et le grand enclos, les allées, le mail, le taillis, furent adjugés le 7 avril 1791 à François Vallée, pour la somme de 30 000 francs. Le bâtiment attenant à l’église, qui servait de parloir et de logement au directeur, l’habitation du jardinier, une chapelle, l’ancien choeur des dames, furent réservés pour servir à l’installation d’une paroisse nouvelle, créée sous le nom du Perray par la loi du 17 avril 1791. Elle comprenait tout le territoire d’Ecouflant avec la partie vers l’O. de St-Silvin ; – mais presque aussitôt elle fut supprimée et les bâtiments rendus libres échurent par une vente nouvelle du 28 prairial an IV à Louis-Emery Damas Boullet pour 2160 livres.  – Abbaye et église ont été à peu près jetées bas en 1808.  – Un dessin de Bruneau de Tartifume, un autre plus complet de Ballain nous les montrent tels qu’on les voyait au XVIIe siècle. – De 1806à 1808, l’habitation actuelle s’éleva dans l’enclos de l’abbaye, dont le très-beau portail reste conservé seul debout au-devant de la grande cour ; plus loin, une cuisine, une galerie et une pierre portant ces mots : Damascelle Anne de Bretagne, fille du conte de Vertu, nom sans doute d’une religieuse. – De l’église un mur subsiste encore, avec le haut clocher carré, en pleine vue du chemin de fer qui traverse le domaine. – Un réservoir profond entoure les jardins, alimenté par diverses sources, les mêmes sans doute qu’on voit en 1451 des ouvriers s’employer à capter pour le compte du roi René, afin d’approvisionner les fontaines du château d’Angers. – Cinq fortes métairies, récemment rebâties, dépendent du domaine ; – et tout à l’entour s’étendent des landes et des bois renommés des botanistes et des chasseurs.

(Voir l’article complet ici)

  • Illustration – Abbaye du Perray –  (AD49).

Et encore …

  • Berthier Marcel, L’Abbaye cistercienne du Perray aux Nonnains, éditions Les Amis des Monastères, 1987.
  • Berthier Marcel, Les abbesses cisterciennes du Perray aux Nonnains, Page 61, Les Cahiers du Baugeois, Numéro 20 – Octobre 1993.

Voir aussi …

 

 

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