Les Boîtes de Noyés (3), Angers, 1773

LES AFFICHES D’ANGERS N°18, VENDREDI 29 OCTOBRE 1773

Fin de l’Avis pour le secours des Noyés.

Si l’eau tiède passe, on lui donnera quelques grains d’émétique, ou, de demi-heure en demi-heure, une petite cuillerée d’Eau-de-Vie camphrée, animée de Sel ammoniac, dont on trouvera toujours des bouteilles avec la Machine fumigatoire & autres secours, dans le lieu du Dépôt.

On mettra en usage tous les secours ci-dessus indiqués, pour toutes les personnes noyées, sans avoir égard au temps qu’a duré la submersion, à moins qu’il n’y eût des signes de mort certains & évidents ; car le visage pourpré ou livide, la poitrine élevée, & autres symptômes de la même espèce, ne doivent point empêcher de tenter les secours indiqués.

On avertit, au surplus, qu’il faut les employer sans relâche, & avec la plus grande persévérance, parce que ce n’est souvent qu’après les avoir continués pendant trois ou quatre heures, & même plus, qu’on a la satisfaction d’en voir le succès se développer par degrés.

Pour exciter, s’il étoit nécessaire, à procurer ces différents secours aux Noyés :

Il sera payé à l’avenir, à compter du jour de la publication des Présentes, pour chaque personne qui, étant noyée, aura été retirée de l’eau et rappellée à la vie.

SÇAVOIR :

A quiconque avertira le premier au lieu du Dépôt le plus prochain, qu’il y a un Noyé, & indiquera où il est, six livres.

A ceux qui auront retiré de l’eau la personne noyée & auront aidé à l’administration des secours indiqués, & notamment auront apporté la personne noyée audit lieu du Dépôt, vingt-quatre livres.

A ceux qui aussitôt après avoir été avertis qu’il y a une personne noyée, se seront transportés dans l’endroit où elle aura été déposée après avoir été tirée de l’eau, auront veillé & coopéré à l’administration des secours, & du tout auront fait ou fait faire & remis l’état ci-dessus prescrit, dix-huit livres, à partager entr’eux.

Tous les frais extraordinaires & particuliers, qu’on seroit obligé de faire, seront de plus remboursés, lorsqu’ils auront été jugés nécessaires, & qu’ils auront été certifiés par personnes connues et non intéressées.

Dans le cas où, malgré tous les secours & moyens indiqués & possibles, la personne noyée ne pourroit être rappellée à la vie, alors les récompenses ci-dessus seront réduites à moitié.

Le paiement de ces différentes récompenses ne pourra être fait par le Préposé à la recette des revenus de l’Hôtel de Ville, que d’après les ordres à lui donnés par la Compagnie, huitaine après la remise du rapport ou état ci-dessus exigé, afin que pendant ce temps les Officiers Municipaux puissent se faire informer des faits & circonstances qu’il conviendra.

Quoique le Corps de Chirurgie n’ait pas besoin d’être excité par aucun espoir de récompense, pour se porter avec zèle à administrer les secours de son art, dans des occasions aussi pressantes, le Corps de Ville en invitant les Chirurgiens qui seront les premiers requis, à se rendre avec la plus grande diligence auprès des personnes noyées et à les secourir de tous leurs soins & de tous les remèdes convenables, les assure, qu’il sera par lui pourvu exactement à leur paiement sur les mémoires qu’ils en fourniront.


Source – AD49 en ligne – Rubrique Presse –  Les Affiches d’Angers, année 1773, octobre, n°18.

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