Les Boîtes de Noyés (2), Angers, 1773

Les Affiches d’Angers n°17, vendredi 22 octobre 1773.

Suite de l’Avis pour les Noyés

DÉTAIL des secours, & de l’ordre dans lequel ils doivent être donnés.

1°. Déshabiller la personne retirée de l’eau, la bien essuyer avec de la Flanelle ou des Linges, & la tenir très chaudement, en l’enveloppant soit avec des couvertures, soit avec des vêtements & ce qu’on pourra se procurer ; ou la mettant devant un feu modéré, ou dans un lit bien chaud, s’il est possible.

2°. On lui soufflera ensuite par le moyen d’une Canule, de l’air chaud dans la bouche, en lui fermant les deux narines.

3°. On lui introduira de la fumée de Tabac dans le fondement, par le moyen d’une Machine fumigatoire, qu’on trouvera dans tous les lieux de Dépôt des boîtes.

Si la personne retirée de l’eau paroissoit exiger un pressant secours, & qu’on ne fût pas à portée d’avoir sur le champ la Canule & la Machine fumigatoire, on pourra pour le moment, suppléer à la Canule pour introduire l’air par la bouche dans les poumons, en se servant d’un soufflet ou d’une gaine de Couteau coupée par le petit bout.

On pourra également suppléer à la Machine fumigatoire, en se servant de deux Pipes, dont le tuyau de l’une sera introduite avec précaution dans le fondement de la personne retirée de l’eau, les deux fourneaux appuyés l’un sur l’autre, & quelqu’un soufflant la fumée du tabac par le tuyau de la seconde Pipe.

On peut aussi employer avec succès les lavements de tabac & de savon.

4°. On ne négligera pas d’agiter le corps de la personne en différents sens, en observant de ne pas la laisser longtemps sur le dos.

On réitérera ces premiers secours le plus souvent qu’il sera possible, & sans violence.

5°. On lui chatouillera le dedans du nez & de la gorge, avec la barbe d’une petite plume ; on lui soufflera dans le nez de l’esprit volatif de Sel ammoniac.

6°. On la frottera même un peu rudement par tout le corps, surtout sur le dos, les reins, la tête & les tempes, avec des linges ou de la flanelle trempés dans l’Eau-de-vie camphrée, animée avec l’esprit de Sel ammoniac.

7°. La Saignée, à la jugulaire surtout, peut aussi être très utile, si on trouve promptement un homme de l’art, qui jugera si elle doit être employée.

Si la personne retirée de l’eau donne quelques signes de vie, & qu’on s’aperçoive que la respiration & la déglutition commencent à se rétablir, on lui donnera d’abord peu à peu, une petite cuillerée d’eau tiède.

Le reste à l’ordinaire prochain.


Source AD49 en ligne – Rubrique Presse –  Les Affiches d’Angers, année 1773, octobre, n°17.

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