Ravages causés en Anjou par les loups enragés.

Le 3 juin 1714, un loup enragé venant du petit village des Banchais, entra dans la ville par le faubourg Saint Michel-du-Tertre, passa devant les Minimes, traversa le champ de foire et se rendit dans le faubourg Bressigny, où il mordit plus de soixante personnes.

Quelques jours après ce cruel événement, les loups se multiplièrent tellement dans les campagnes, que les cultivateurs n’osaient sortir qu »en troupes et armés jusqu’au dents ; plus de deux cent cinquante personnes furent mordues, un grand nombre moururent dans d’horribles convulsions ; une partie de ceux qui purent aller à la mer ne se ressentirent nullement de leurs blessures ; mais, malgré ce voyage, tous ceux qui eurent le malheur d’être atteints au visage restèrent défigurés.

Bernard du TREMBLIER, curé de Villevêque, se souvint d’un remède merveilleux composé par son prédécesseur Jacques LELOYER ; l’application qu’il en fit dans cette circonstance produisit, dit on, d’excellents résultats.

Pendant plus de dix jours les habitants d’Angers ne mangèrent point de viandes et ne burent aucun lait. Messieurs de ville publièrent une ordonnance pour qu’on ne laissât entrer nulles bêtes mortes, et les gardes des portes furent tenues de visiter les chevaux et le bétail qui se dirigeait sur Angers. On mit à mort les chiens et les chats, et les habitants, malgré toutes les précautions possibles ne se crurent point en sûreté dans leurs maisons, où ils demeuraient barricadés et ne se tenaient qu’au dernier étage.

L’évêque d’Angers, Michel PONCET de la RIVIERE, publia un mandement pour ordonner une chasse générale dans la province ; il promit, ainsi que messieurs de ville, vingt-quatre livres à ceux qui présenteraient un loup mort ou vif ; ce fut le 21 septembre qu’eut lieu cette chasse. Tout ce qui pouvait porter une arme avait cru de son devoir de battre la campagne, et dans cette journée, vingt-quatre loups furent apportés à l’évêché.

Monseigneur l’évêque fit faire dans la ville une procession générale, pour prier Dieu d’arrêter les ravages causés par les loups, et quelques jours après cette religieuse cérémonie, la ville et les campagnes d’Angers retrouvèrent leur calme ordinaire.

Soland, Aimé deBulletin historique et monumental de l’Anjou, Angers, 1855, Troisième Année, n°11, p. 168-169.

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