Monastère de Sainte-Catherine lès Angers

 

En 1634 vivait dans la prière et le recueillement dame Catherine LIGUET, veuve de noble homme maître Simon de GOUBIZ sieur de la Rivière, conseiller du roy au siège présidial d’Angers.

Depuis la mort du sieur de Goubiz, sa femme dépensait ses revenus, alors considérables, en œuvres pieuses. Parmi les nombreux monastères de filles établies à Angers, elle voyait avec peine qu’il n’existait aucune maison de l’ordre de Citeaux. Longtemps elle réfléchit aux moyens à prendre afin de fonder, dans la ville un établissement destiné aux religieuses Bernardines.

Enfin, un matin de l’année 1634, le samedi 16 septembre, elle mande en toute hâte, à son hôtel, le praticien Jean COUSTARD, homme renommé par sa loyauté et sa grande entente des affaires. Là, en présence de témoins, elle lui dicte ses volontés et les divers legs qu’elle veut faire en faveur d’un nouveau prieuré, lorsqu’elle aura, toutefois, reçu l’approbation d’Armand cardinal duc de Richelieu, pair de France, abbé et chef supérieur de l’ordre de Citeaux.

Ce prieuré prit le nom de Maison Notre-Dame-Sainte-Catherine. Madame de GOUBIZ fit venir de l’abbaye du Perray-aux-Nonains, Mesdames Marie de GOUBIZ, sa fille, Jehanne ANTIER, Louise d’ANDIGNÉ, Anne MARTINEAU, Anne BOYLESVE, Françoise MARTINEAU et Renée VERDIER, religieuses professes. Elles s’établirent dans une maison située au faubourg des Lices, vis-à-vis l’académie royale des exercices. Marie de GOUBIZ fut nommée supérieure, et le maréchal de BREZÉ, gouverneur de la province, adressa le 28 juillet 1677, à Marie de GOUBIZ, la lettre suivante (1) :

Le maréchal de Brezé, gouverneur pour le roy de la province d’Anjou, et des villes et chasteaux d’Angers et Saumur.

Après avoir veu ces lettres d’establissement et création d’un prieuré de Nostre Dame de Sainte-Catherine d’Angers, ordre de Cisteaux, dans le fauxbourg des Lices de la dicte ville, données à paris le quinzième may dernier, par Mgr l’Eminentissime cardinal duc de Richelieu, abbé de Cisteaux, chef et général dudict ordre, les lettres patentes du roy données à Fontainebleau, au présent mois de juillet, portant approbation et confirmation dudict établissement, avons en tant qu’à nous et consenty et consentons que l’établissement dudict prieuré audict faubourg des Lices de la dicte ville d’Angers, sorte son plein et entier effet, suivant et conformément aux dictes lettres.

Faict à Paris, le vingt huitième jour de juillet mil six cent trente-sept.

De Brezé.

Par Monseigneur,

Fardel.

Le prieuré de Sainte-Catherine ne tarda point à voir son personnel considérablement s’augmenter. Un grand nombre de jeunes filles vinrent, dans cette retraite, se consacrer au Seigneur. D’abondantes libéralités furent faites à cette maison et permirent d’y construire une très belle chapelle où se trouvait un autel sculpté par un des plus habiles statuaires de l’époque. M. de Monriou Constantin, après avoir légué une somme de douze cents livres obtint d’avoir un enfeu dans le cimetière de ce monastère. Le couvent Sainte-Catherine n’a été dissout qu’à la révolution.

Soland, Aimé deBulletin historique et monumental de l’Anjou, Angers, 1855, Troisième Année, n°11, pp. 167-168.


(1) Cette lettre est inédite.

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